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                                                                   Tableau du XVe siècle



Le brulement du Talmud à Paris


Rabbi Yehiel de Paris De l’Histoire des Juifs de Paris : Un anniversaire


«Pour comprendre l’attachement juif au Talmud, il faudrait lire le poème bouleversant que Rabbi Yehiel de Paris composa en voyant les Traités du Talmud dévorés par les flammes, sur l’ordre du bon roi Louis IX que, pour des raisons qui m’échappent, on s’acharne à appeler saint Louis. (Elie Wiesel, Célébration Talmudique)


L’histoire culturelle du judaïsme français a connu des pages glorieuses, notamment aux Xllème et XIIIème siècles, à l’époque des tossafistes, auteurs des commentaires qui figurent dans les éditions du Talmud en face de celui de Rachi, dont ils étaient les petits enfants ou les disciples, directs et indirects; les plus célèbres avaient comme nom: Samuel ben Meir et Jacob ben Meir plus connu en tant que Rabbenu Tarn, Judah sire Léon de Paris, Yehiel ben Yossef de Paris, Perez ben Elie de Corbeil, Eliezer de Touques, Moïse de Coucy,..
L’école de Paris joua le rôle qui avait été celui de l’école juive de Champagne aux Xlème et Xllème siècles sous l’impulsion de Rachi. Après la condamnation du Talmud et l’autodafé des livres qui suivit, l’activité intellectuelle de la communauté juive s’affaiblit, bien avant l’expulsion de 1306.
Nous empruntons à Roger Berg «Histoire des Juifs à Paris», l’essentiel du texte ci-dessous.

Le brûlement du Talmud                                                                    
                                                                                                                     
Les discussions entre Juifs et Chrétiens au sujet des mérites comparés de leur religion connurent un certain succès dès les premiers siècles du christianisme. Une importante littérature patristique leur fut consacrée. Ces controverses se poursuivirent jusqu’au début du XIIIème siècle.
Au XIIIème siècle, de nouvelles raisons s’ajoutèrent à la recrudescence de l’hostilité envers les juifs. Des institutions spéciales avaient été crées par ­l’Inquisition, l’ordre des Dominicains - pour extirper toutes les hérésies. L’intérêt de l’Inquisition fut éveillé par le contenu du Talmud. Un certain nombre de lettrés juifs de France s’étaient convertis au catholicisme. Parmi eux, Nicolas Donin de la Rochelle. Il dénonça au pape en 1238 des propositions dangereuses pour la foi énoncées dans le Talmud et obtint de Grégoire IX qu’il s’adressât aux rois de France, d’Angleterre, de Castille et d’Aragon et à divers évêques en leur demandant d’ouvrir une enquête pour vérifier le bien-fondé de l’accusation. Louis IX, seul, y donna suite. Le pape écrivit le 9 juin 1239 aux évêques de France pour leur demander de faire confisquer tous les exemplaires du Talmud. Les livres saisis devaient être examinés d’une façon approfondie. En 1240, du 25 au 27 juin, une grande controverse publique s’ouvrit à Paris, à laquelle prirent part principalement Eudes de Châteauroux, chancelier de la Sorbonne, et Nicolas Donin du côté chrétien, Yehiel de Paris, Moïse de Coucy, Juda ben David de Melun et Samuel ben Salomon du côté juif, sous la présidence de Blanche de Castille; Yehiel de Paris fut le porte-parole du judaïsme. Nous possédons les relations en latin et en hébreu de la disputatio : ce sont les Extractiones de Talmud, composés sur les ordres d’Etudes de Châteauroux, et la composition hébraïque Wikkuah Rabbenu Yehiel mi Paris.
Donin, qui avait de bonnes connaissances hébraïques, prépara une liste de trente-cinq accusations contre le Talmud. Yehiel répondit à toutes les questions. Judah ben David fut interrogé isolément pour savoir si les réponses de Yehiel étaient personnelles ou si elles émanaient d’une doctrine établie. Celles de Judah ben David s’inscrivirent dans la même ligne de pensée. Les juifs soutinrent leurs opinions très librement. Le débat prit fin sans décision. Celle-ci ne fut prise que deux ans plus tard.

Le 20 juin 1242 la condamnation fut appliquée : vingt-quatre charretées d’exemplaires du Talmud, de la Michna et du Midrash furent brûlées en place de Grève. Meir de Rothenburg (1215 env.-1293) était étudiant à la yeshiva de Yehie1 de Paris. Il fut témoin de l’autodafé du Talmud et écrivit une élégie :Chaali seroufah ba-ech qui est lue dans les synagogues à l’occasion du 9 av.

Après ces événements, comme on le sait, Yehiel de Paris partit pour la Terre sainte, accompagné de trois cents disciples  ; il fonda à Acco la célèbre yechiva «des Sages de Paris ».
Un jeûne a été institué la veille de Chabbat parachat ‘Houkat, pour commémorer la tragédie du brûlement du Talmud, ce qui permet de mesurer la gravité de cet épisode pour l’Histoire des Juifs de Paris.

Plusieurs versets de la sidra Houkat ont donné lieu à des interprétations qui peuvent être mises en relation avec l’événement commémoré (XIX, 1, avec Oukelos; XIX, 14 avec T.B. Berakhot 43 b: «Seul peut s’approprier la Torah pour en assurer la pérennité, celui qui est prêt à se sacrifier pour elle (par ses efforts pour l’étudier et l’observer, mais aussi, en l’occurrence par le sacrifice suprême))}; chaali seroufah ba-ech où la peau de la vache rousse qui doit être brûlée évoque les 24 charretées de parchemins en cendre en place de grève.

Le texte de la Kina, de l’élégie chaali seroufah ba-ech, qui est lue chaque année dans toutes les Communautés juives au cours de l’office du 9 av est traduit et commenté dans l’édition Artsroll (p.360) du rituel de Ticha beav. 

Le roi de France Louis IX (1926-1270) était un zélote fanatique au point qu’il s’est décerné à lui-même le titre de Saint-Louis. Sa piété cependant ne s’appliquait pas à ses sujets juifs contre qui il a pris de nombreuses mesures discriminatoires qu’il a appliquées avec cruauté. La bonté du pieu roi Louis se manifestait tout particulièrement en faveur des apostats qui abandonnaient le judaïsme.
Pour encourager les conversions, le roi lui-même assistait souvent à leurs baptêmes.

Nicolas Donin, l’un de ses apostats s’est distingué par la haine qu’il éprouvait envers ses anciens coreligionnaires : il organisa le baptême forcé des juifs d’Anjou et de Poitiers, 500 juifs de ces lieux préférèrent le baptême à la mort tandis que la majorité d’entre les juifs, 3000 martyres en tout préférèrent la mort en sanctifiant le nom de Dieu.

Donin savait que ce qui alimentait la ferveur de la foi des juifs était le Talmud. Il pensa par conséquent qui si il pourrait détruire le Talmud, il pourrait plus facilement éradiquer les Juifs.
C’est la raison pour laquelle il est allé à Rome chez Le pape Grégoire IX devant qui il présenta ses accusations devant le Talmud. Il prétendit que cet ouvrage présentait des blasphèmes contre Dieu et le Christianisme, et qu’il était la seule cause de l’obstination des Juifs à accepter “la vraie foi”.

Le pape fit saisir toutes les copies du Talmud pour en faire analyser les contenus. Le clergé français s’est montré heureux et empressé de pouvoir appliquer ce décret de sorte que le 3 mars 1240, tandis que les Juifs étaient dans leurs synagogues, tous leurs livres saints ont été saisis et confisqués.
 Le 12 juin de cette année, un débat publique a été organisé à Paris entre Nicolas Donin et quatre des plus éminentes autorités du rabbinat français En 1240, du 25 au 27 juin, une grande controverse publique s’ouvrit à Paris, à laquelle prirent part principalement Eudes de Châteauroux, chancelier de la Sorbonne, et Nicolas Donin du côté chrétien, Yehiel de Paris, Schmouel Ben Schlomo de Falaise, Moïse de Coucy, Juda ben David de Melun et Samuel ben Salomon du côté juif, sous la présidence de Blanche de Castille; Yehiel de Paris fut le porte-parole du judaïsme. Nous possédons les relations en latin et en hébreu de la disputatio : ce sont les Extractiones de Talmud, composés sur les ordres d’Etudes de Châteauroux, et la composition hébraïque Wikkuah Rabbenu Yehiel mi Paris.
  
Anthologie Juive, Edmond Fleg, p. 649 : Yehiel de Paris nommé souvent Sire Vives né au Baux, mort à Acre en 1286. il quitta la France en 1244.
extrait de la disputation de Rav Yehiel et de l’apostat Nicolas Donin en 1240

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