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Je ne fais ce Blog que pour vous faire decouvrir les tresors du Judaisme
Aussi malgre le soin que j'apporte pour mettre le nom de l'auteur et la reference des illustrations sur tous ces textes , il se pourrait que ce soit insuffisant
Je prie donc les auteurs de me le faire savoir et le cas echeant j'enleverais immediatement tous leurs textes
Mon but etant de les faire connaitre uniquement pour la gloire de leurs Auteurs

Les Tossafistes


                                  Pierre tombale à la mémoire de Rabbénu Tam  

Les continuateurs de l’école française du commentaire de Rachi de Troyes



Tossafot Tossafistes


 « Ajouts », « compléments »  d’où viennent les mots de Tossefta  et Tossafistes pour désigner les maîtres issus de l’école française des Tossafistes fondée par Rachi de Troyes (1040-1105).
Ainsi sont désignés les recueils de commentaires sur les traités du Talmud et du Pentateuque, agencés selon un ordre original, qui fait commencer chaque commentaire par le commentaire des maîtres plus anciens, principalement Rachi. « La conception des Tosafot est liée, à l’origine, à la méthode d’étude caractérisant les écoles françaises et allemandes du XII° au XIV° siècle. L’origine de cette production s’enracine dans la génération des disciples de Rachi et leurs descendants qui s’engagèrent dans l’entreprise d’approfondir et d’étendre les commentaires talmudiques du maître en posant ainsi les fondations de ce qui deviendra le propre des écoles talmudiques qu’ils dirigèrent. 
Le commentaire original de Rachi se présente de manière concise, comme une adaptation littéraire de la tradition de l’étude de la loi orale prévalant en France et en Allemagne à son époque. Ceux qui étudièrent avec lui purent parvenir à une compréhension harmonieuse et profonde du Talmud. En interrogeant les affirmations de Rachi, sur la base des discussions talmudiques ou d’autres textes, les tossafistes élaborèrent une forme systématique d’explications et d’inductions fondées sur la mise en relation des différences entre un exemple et un autre ou une source et une autre. Ils conçurent de la sorte un nouveau système de déductions et de conclusions qui devenaient à leur tour objet de discussion, réfutées ou réaffirmées par les tosafot ultérieures. Les termes ve-im tomar (" et si l’on dit ") et ve-yech lomar (" alors on doit dire ") sont caractéristiques de ce genre littéraire. Ce vaste ensemble d’écrits fut produit dans les Yechivot  et rendu sous forme de discussions animées entre les maîtres et les disciples, d’où émergèrent des points de vue souvent divergents de ceux de Rachi. (…) Les tossafistes saisirent toutes les occasions de citer de nouvelles opinions et de les comparer avec leurs traditions, en même temps que leur parvenaient de nouvelles versions du Talmud, issues de la tradition babylonienne nord-africaine. Un autre phénomène qui leur ouvrait également des perspectives quasi illimitées d’interprétations, fut celui de l’étude du Talmud de Jérusalem. 
L’école des tossafistescommença avec les deux gendres de Rachi, rabbi Méïr ben Samuel et Yehouda benNathan, et le plus illustre d’entre eux fut le fils de rabbi Méïr, Rabbénou Tam. Le mouvement se développa rapidement et il devint un courant dominant qui modela l’enseignement des siècles ultérieurs depuis la France et l’Allemagne (y compris la Provence) jusqu’à l’Espagne à partir de l’époque de Nahmanide. C’est surtout Rabbénou Tam qui marqua l’achèvement parfait des tosafot pour les générations à venir. Le premier tossafiste allemand fut Isaac ben Acher Ha-Lévi qui avait étudié sous l’égide de Rachi à Troyes et qui ouvrit une Yechivah à Spire. On ne saurait relever aucune différence dite d’école entre les enseignements français et allemands de cette période (…) »(d’où une généalogie difficile à établir.)Les tosafot, commentaires furent transcrites par les disciples qui ne sont pas tous identifiables, les notes et contenu des discussions halakhiques ajouté aux arguments et commentaires soutenus, circulaient de yechivah en yechivah, chaque fois bénéficiant d’ajouts, ne laissant jamais l’enseignement initial intact.
Malgré la grande originalité des tossafistes, il est impossible de dégager un style individuel. Parmi les ouvrages complets on trouve : -le Séfer mitsvot qatan d’Isaac de Corbeil - le Séfer yeréïm d’Eliézer de Metz - le Séfer mitsvot gadol de Moïse ben Jacob de Coucy, le Séfer ha-teroumah de Baruck de Worms - Le séfer ha-roqéah d’Eléazar ben Yehoudah de Worms - « La plus importante collection est celle des Tosafot de Sens, rédigées par Samson de Sens qui laissa un héritage littéraire plus important que les autres, (…) » que les érudits allemands désignent comme les "tosafot françaises" que l’on distingue des tosafot allemandes ; les premières sont identifiables par l’abondance de références à la guématria, utilisée comme principe d’exégèse.
En Espagne, la méthode tossafiste fut introduite par Yonah Gerondi et Nahmanide, puis intégrée à l’enseignement traditionnel par Acher ben Yehiel. L’apport des tossafistes est considérable dans la méthode et le contenu, désormais le texte des tosafot occupe systématiquement la marge extérieure du texte de la Gémara, et le commentaire de Rachi occupe la marge intérieure.



Une page de Talmud se présente toujours de la même  manière. Au centre, en bleu (sur notre exemple) la Mishna, suivie de ses premiers commentaires la Guemara en jaune pâle. Les deux colonnes (rose et verte) présentent les commentaires de Rachi (rose) et des tossafistes (vert). Les commentaires qui apparaissent en colonne étroite à la périphérie de la page (mauve) sont des renvois à la Halakha.
Ces commentaires constituent la meilleure aide pour la compréhension minimale et sûre du texte. Ils ne peuvent donc pas être négligés si l'on veut comprendre sans erreur le Talmud (Mishna et Guémara). Ils sont souvent écrits dans un vocabulaire particulier, adapté à la langue des textes commentés et leurs auteurs sont différents selon les traités.

La méthode des tossafistes
La Michna est commentée par la Guémara, elle-même commentée par Rachi, lui-même commenté par les tossaphistes. La lecture et l'étude se font dans ce même ordre. Les tossaphistes ne commentent pas tout le texte qui est au centre de la page mais ils reprennent seulement certains points sur un passage particulier. Leur commentaire est toujours ouvert par un ou deux mots en caractères gras, qui sont la reprise du texte central, début et fin du passage qu'ils veulent commenter. On nomme ces mots d'ouverture qui sont en caractères gras dibbour hammat'hil, (parole de commencement). Souvent, cette indication précise qu'ils vont à la fois exprimer leur point de vue sur le texte de la Michna ou de la Guémara, ou encore sur le commentaire de Rachi qui éclairait ce texte.
Il est très fréquent de les voir contester la position de Rachi, qui était leur maître, voire proche parent pour certains. Il s'agit bien entendu de ce que l'on appelle ma'hloqéte lé chém chamaïm (âpre discussion pour la gloire du Ciel et pour l'avancée dans la connaissance de la Torah, dans le plus grand respect envers autrui).
La méthode des tossaphistes consistait d'abord en une étude approfondie de l'enseignement du maître, puis en un prolongement qui était une tentative pour soulever un maximum de questions à partir de là, et aussi pour préciser toutes les différences que l'on pouvait mettre en évidence entre cet enseignement de Rachi et les commentaires des autres Rabbanim européens (Rabbi 'Hananel, Rav Yits'haq Alfassi...) et les différentes versions. Le but ultime est toujours de préciser la halakha.

Référence : Dictionnaire Encyclopédique du Judaïsme, édition Cerf.



Le sens littéral
La nouveauté de Rachi repose sur deux points essentiels. «Je suis venu expliquer le sens littéral», le pchath, écrit-il à plusieurs reprises. Jusqu’alors les exégèses suivaient le sens allusif, allégorique (le drach). Parmi ces maîtres, que Rachi reconnaît, citons Rabbi Moïse Hadarchan et Rabbi Menahem Albo. Ses explications sont à la fois d’une grande clarté et très concises. Il utilise parfois le vieux français pour expliquer tel ou tel mot. Il parle alors de Loaz, le langage vernaculaire. (Plus de 3000 termes champenois ont été recensés).
Très vite son oeuvre fut reconnue dans le monde juif, en Europe et en Espagne. Le monde chrétien aussi lui fut reconnaissant, notamment Nicolas de Lyre, un moine franciscain, mort en 1340. Luther, en Allemagne, et King James, en Angleterre, bénéficient également de ses travaux.
La qualité de son oeuvre lui valut de passer à la postérité sous le nom de "parchan data",l’interprète de la Loi par excellence.
La première impression de la Torah avec Rachi, date de 1475, deux autres impressions eurent lieu en 1480 et 1482. Depuis, il est rare que le Pentateuque ne soit pas accompagné du commentaire de Rachi.
Son commentaire a été traduit en français, sous la direction du Rabbin Elie Munk.


Ses disciples
Rachi n’a pas de fils, mais trois filles qui épousèrent des grands érudits. Parmi ces petits-fils,nous citerons Rabbénou Tam et Rachbam (Rabbi Shmouel ben Méïr) qui sont des autorités en leur temps.
Ces disciples directs ou indirects prirent le nom de Tossafistes (Tossefoth) = Ceux qui ajoutent.
Certains produisirent un commentaire de la Torah, celui de Rachbam demeure célèbre, mais c’est surtout en ce qui concerne le Talmud, que ces écoles de pensée se distinguèrent. Alors que Rachi commentait le texte mot par mot ou expression par expression, les Tossafistes optèrent pour la comparaison de deux textes contradictoires, pour en faire jaillir une différence subtile. On peut alors parler de dialectique.

Souvent les Tossafistes contredisent Rachi.

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