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Amis lecteurs
Je ne fais ce Blog que pour vous faire decouvrir les tresors du Judaisme
Aussi malgre le soin que j'apporte pour mettre le nom de l'auteur et la reference des illustrations sur tous ces textes , il se pourrait que ce soit insuffisant
Je prie donc les auteurs de me le faire savoir et le cas echeant j'enleverais immediatement tous leurs textes
Mon but etant de les faire connaitre uniquement pour la gloire de leurs Auteurs

Hidouch


                    Chant d’amour à la nouvelle lune - Paul Klee 


‘Hodèch-‘Hidouch 
 le renouvellement



A propos du bouc que l’on  doit amener en sacrifice le jour de roch ‘hodèch,le premier jour du mois, les
Sages du Talmud donnent une interprétation surprenante et mystérieuse.
Le texte biblique mentionne la formule : ‘hatath lachèm  il s’agit donc d’un «sacrifice expiatoire à D-ieu».
Cette formule est étrange à plusieurs niveaux.
Pourquoi un «sacrifice expiatoire» au renouveau du mois ?
Quelle faute a-t-on commis ce jour-là ?
Et pourquoi D-ieu est-il incriminé ?

Rapportons une explication de la Guemara.
D-ieu dit à Israël : «que ce bouc soit pour moi une expiation de la faute que j’ai commise en réduisant la taille de la lune»

Ce texte se réfère à un autre passage du Talmud qui nous rapporte un étrange dialogue entre la lune et D-ieu au moment de la Création. Ce dialogue tire sa source d’une contradiction apparente dans le texte relatant le quatrième jour de la Création :
«D-ieu fit les deux grands luminaires. Le plus grand luminaire pour la royauté du jour, le plus petit luminaire pour la royauté de la nuit».
Au départ la lune est désignée comme un «grand luminaire», et ensuite elle n’est plus qu’un «petit luminaire». Ce dialogue, rapporté par les Sages, va permettre de résoudre cette  contradiction,
tel Hillel qui «concilie» l’hier et l’aujourd’hui, l’aujourd’hui et le demain.

«La lune s’adressa à Dieu et lui dit : est-il possible que deux rois se servent de la même couronne ? Alors Dieu lui dit : vas-y, réduis ta taille. La lune répliqua : Maître du monde, est-ce que parce que j’ai dit quelque
chose de raisonnable que je dois me restreindre ?».
Finalement D-ieu vit que la lune ne se sentait pas à l’aise dans son nouvel état, alors il demanda aux enfants d’Israël d’amener un sacrifice pour expier «Sa» faute !
Selon cette deuxième explication, la formule ‘hatath lachèm, sacrifice expiatoire à Dieu, signifie qu’il s’agit d’une faute attribuée à D-ieu.
Que signifie donc ce dialogue étrange et pourquoi D-ieu doit-il, expier le «péché» de la réduction de la lune ?
Finalement la lune, en venant se plaindre, ne doit s’en prendre qu’à elle-même !
Comment comprendre ce reproche que la lune fait à Dieu
: «est-il possible que deux rois se servent de la même couronne ?»
A notre avis, ce reproche doit être compris comme une remise en question du projet même de la Création.
Toute relation entre êtres humains relève de ce schéma de deux rois se servant de la même couronne. Chaque
homme se considère comme roi, et ne se contente pas d’un royaume réduit à ses propres «quatre coudées». Dans son esprit, son domaine royal s’étend au domaine d’autrui, pour ne pas dire à l’ensemble de l’univers... Caïn et Abel avaient toute la terre et tous les biens de la terre pour eux, et ne réussirent pas à se mettre
d’accord sur l’héritage. C’est «la part de l’autre» qu’ils leur fallait ! Car l’homme est par nature impérialiste. Si bien qu’inévitablement toute relation humaine est imprégnée de rivalité, depuis Caïn et Abel jusqu’à aujourd’hui.
Là est le reproche de la lune : pourquoi, Maître du monde, as-tu créé un monde marqué d’une rivalité perpétuelle entre hommes, un monde «programmé» de guerres, ou au mieux, d’entre deux guerres ?! Ce reproche prend une telle ampleur que D-ieu lui-même se sent, pour ainsi dire, culpabilisé.
La réponse à ce défi se situe, nous semble-t-il, dans l’idée même de roch ‘hodèch.
Le début du mois exprime l’idée du renouveau. La lune était cachée. En d’autres termes notre relation avec D-ieu, avec la sainteté doit être imprégnée de l’idée roch ‘hodèch, du renouvellement continuel de la lune.
Il nous semble que tel est également le défi auquel nous sommes conviés dans notre rapport avec autrui. Il doit être imprégné du sentiment d’un renouveau continuel. Mais  pour ce, l’homme doit être conscient que tout un chacun a un ‘hidouch, un aspect nouveau, à lui apporter. Car tout homme, créé à l’image de D-ieu, a son ‘hidouch personnel, individuel, sa parcelle dans l’Eternel, que seul lui détient, et que nul être au  monde ne détient à sa place.
Ce ‘hidouch est parfois caché, enfoui, et il y a tout un travail de découverte à entreprendre, de l’homme sur soi-même et de l’homme à l’égard de son prochain. Un philosophe disait un jour que les hommes se ressemblent par ce qu’ils montrent et diffèrent par ce qu’il cachent. C’est ce trésor caché que nous devons rechercher !
Dès lors que nous prenons conscience de ce ‘hidouch, propre à chaque être, c’est toute notre relation avec l’autre qui s’en trouve bouleversée.
Nous ne sommes plus en relation de rivalité mais en relation de complémentarité. Chacun peut m’apporter quelque chose que, sans lui, je ne pourrai jamais avoir. Tel le couple : l’homme ne pourra jamais se donner ce que la femme peut lui apporter, et la femme ne pourra jamais se donner ce que l’homme peut lui apporter.
L’essentiel c’est qu’il ne soit pas dictateur, qu’il ne cherche pas à imposer sa manière d’être, mais au contraire se pénètre de l’idée que seule cette dualité permet un enrichissement et un renouveau continuel.
Et alors même le soleil et la lune, le jour et la nuit, peuvent  vivre en symbiose, chacun apportant son ‘hidouch, son cachet personnel, à l’autre.
Certes D-ieu se sent pour ainsi dire coupable d’avoir pris le risque d’une Création où la rivalité marque les relations humaines. Et c’est à ce titre qu’il demande aux enfants d’Israël d’expier ce «péché»,en établissant, par le roch ‘hodèch, le renouvellement, un modèle de la relation humaine, imprégnée de la complémentarité.
Il est manifeste que deux rois ne peuvent se servir de la même couronne, mais deux serviteurs peuvent servir le même roi, chacun avec son rôle particulier dans le royaume du divin.

                                                  * * * * *

Tel est le message essentiel donné par la Yéchiva Heykhal Eliyahou à ses élèves : permettre à tout un chacun de développer son ‘hidouch personnel, son roch ‘hodèch. La Yéchiva n’est pas un moule destiné à la  «production en série». Son test de réussite réside au contraire dans sa capacité de permettre l’épanouissement individuel, de développer l’esprit de réflexion et de recherche propre à chacun. Et ainsi les étudiants sont interpellés en permanence à partir de la recherche de l’autre. Recherche,mais non conquête, c’est ce qui permet leur propre accomplissement.

Rav Abraham Weingort
Enseignant à la Yéchiva
Heykhal Eliyahou,
Professeur de Droit Hébraïque
à la Sorbonne








                     La Signification de Roch Hodech

C'est le tout premier commandement donné à la nation dans son ensemble, ce qui indique que le concept de Roch Hodech, ou la Nouvelle Lune, est très important. De plus, mille ans plus tard en Eretz Yisrael, pendant la période de persécution greco-syrienne qui a culminé avec le miracle de Hanouka, Roch Hodech était un des trois commandements dont l'observance a été interdite. Les deux autres commandements interdits étaient le Chabat et la circoncision. Roch Hodech était interdit au même titre que ces mitsvoths centrales ce qui est une indication suffisante de sa grande
signification.

Cela peut être compris à deux niveaux. Seul le beth din peut proclamer Roch Hodesh en se basant sur le témoignage des témoins qui ont observé la réapparition de la lune et le calendrier juif est basé sur cette proclamation .

Si l'on ne proclame pas le nouveau mois, il n'y a pas de calendrier et sans un calendrier, il ne peut y avoir aucune fêtes. Ainsi, si les Greco-syriens avaient réussi dans la suppression de l'observance de Roch Hodech, ils auraient réussi dans l'élimination d'un grand nombre d'autre mitzvot.

A un niveau plus profond, Roch Hodech symbolise le renouvellement, la capacité des Juifs à sortir de l'oubli et à rétrouver leur grandeur passée. De même que la lune disparaît à la fin de chaque mois, mais revient et se developpe , de même Israël peut subir l'exil et le déclin, mais il se se renouvelle toujours - jusqu'à l'arrivée du Machiah, quand la promesse de l'Exode et de la révélation du Sinaï sera accomplie : ne jamais être obscurcie de nouveau."

Cette caractéristique essentielle d'histoire juive a été d'abord illustrée en Egypte. D'aprés une comparaison de nos Sages, la nation était tombée au quarante-neuvième niveau d'impureté - un niveau au-dessus de l'extermination spirituelle. -Ils se sont ensuite relevés a tel point qu'après sept
semaines ils étaient capables de se tenir au Mont Sinaï à un niveau proche de la prophetie.

Ce concept de renouvellement juif était ce que les Greco-syriens ont essayé de supprimer en interdisant l'observance de Roch Hodesh. Au lieu de cela, les Juifs se sont levés pour défendre la Torah et le Temple et leur triomphe est commémoré par Chanukah, le fête du renouvellement.

chiourim

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