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Aussi malgre le soin que j'apporte pour mettre le nom de l'auteur et la reference des illustrations sur tous ces textes , il se pourrait que ce soit insuffisant
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Le recit de la creation




                                      La creation - Marc Chagall




                              Les lumières de Rachi

Le Rav Shaoul David Botschko publie une collection « Les lumières de Rachi » qui a comme objectif d’expliciter le commentaire de Rachi.



 Le texte choisi est le premier commentaire de Rachi sur la Bible.

Le verset de la Bible :
“Au commencement Elohim créa le ciel et la terre”.

Le premier commentaire de Rachi :
“Rabbi Yitzhaq dit : La Thora n’aurait dû commencer qu’à partir de « Ce mois-ci est pour vous le commencement des mois » (CHEMOT XII,2), qui est la première mitzva prescrite à Israël. Pourquoi
débuter avec le récit de la Création ? Parce que... Si les peuples du monde venaient à dire à Israël : “Vous êtes des voleurs, parce que vous avez conquis les terres des sept nations”, on leur répondrait :
Toute la terre appartient au Saint Béni-soit-Il. C’est Lui qui l’a créée et Il l’a donnée à qui est droit à Ses yeux. Par Sa volonté Il la leur a donnée, et de par Sa volonté Il la leur a prise et nous l’a donnée.”

Ce commentaire de Rachi est très étonnant.
1. N’est-il pas logique de commencer par l’exposé des événements selon leur ordre chronologique ?
2. Était-il vraiment possible de commencer la Thora au chapitre XII de Chemot ? Les mitzvot qu’il contient ont toutes trait à la sortie d’Égypte et il est impossible de les comprendre sans savoir qui est le peuple d’Israël, comment il s’est constitué et ce qui s’est passé avant que les Hébreux ne descendent en Égypte.
3. L’une des mitzvot concerne la foi, et le récit de la Création fonde celle-ci sur le fait que Hachem a créé le monde ex nihilo. Comment pourrait-on dire que ce récit serait inutile ?
4. La réponse de Rabbi Yitzhaq n’est pas plus intelligible que sa question. Qu’importe à la Thora divine l’opinion imbécile des méchants d’entre les nations ? Leur babil et leurs allégations devraient-ils modifier ce que la Thora avait à dire et l’amener à énoncer des choses en elles-mêmes superflues ?

La Thora - livre des commandements


Si nous considérons avec attention les propos de Rachi,nous constatons qu’il n’a pas demandé « pourquoi la Thora commence au commencement », mais par affirmer qu’il n’était nécessaire de commencer la Thora qu’à partir du verset « ce mois-ci... » etc. Rachi commence son commentaire par une mise au point quant à la manière d’aborder le Livre des livres.
Rachi nous enseigne qu’il ne s’agit pas d’un livre intéressant, d’un livre qui élargit l’horizon culturel du lecteur à la manière des autres livres. C’est un livre qui impose à l’homme une certaine manière de vivre, ses racines et sa raison d’être : une « Thora de vie ». En tant que telle, c’est par là qu’elle aurait dû commencer ; le récit de la Création aurait pu être fait d’autre part, ou plus tard, et faire même l’objet d’une tradition orale.

La providence


Le commentaire de Nahmanide nous permettra de mieux comprendre celui de Rachi : il considère en effet que la question ne porte pas seulement sur le récit de la Création, mais sur l’ensemble de l’histoire de l’humanité jusqu’à la révélation du Sinaï ; la réponse porte donc du même coup elle aussi sur cette période tout entière. Elle prouve que Hachem dirige le monde et veille sur Ses créatures, qu’Il rétribue ceux qui marchent avec droiture et châtie les rebelles qui ne suivent que leurs instincts. C’est ainsi que Caïn a été condamné à l’errance après son crime, que la génération de Noé a été noyée à cause de son iniquité, que D-ieu sauva Abraham, Isaac et Jacob de leurs détracteurs et qu’enfin D-ieu fit sortir les Hébreux d’Egypte et fit périr leurs persécuteurs. C’est la Providence qui donne un héritage aux nations en guise de rétribution et qui les en chasse à titre de punition. D’après cela, la réponse de Rachi semble affirmer que la question comme telle est erronée. Elle supposerait que le récit de la Création et de l’histoire de l’humanité concernerait des événements
appartenant à un passé révolu et qui n’aurait plus aucun intérêt. Que m’importe tout cela ? dirait-il. Ce qui m’intéresse,  ce sont les mitzvot ! À cela Rachi répond : Tu n’as pas compris l’intention des versets. « Au commencement Elohim créa... » ne vient pas nous dire que jadis, il y a très longtemps, Dieu a créé le monde, acte unique et sans second et par conséquent totalement passé. La Création n’a pas seulement fait apparaître le monde à l’existence. Elle en maintient l’existence qui donc en dépend.

Israël

Un regard superficiel sur la nature ne permet certes pas de constater cette Providence permanente ; Il a en effet fixé à la nature des lois immuables et comment l’homme pourrait-il donc reconnaître Son intervention incessante ?
La réponse à cela, c’est Israël et la terre d’Israël. Si nous considérons l’état du peuple d’Israël, nous pouvons constater objectivement l’intervention de la Providence. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons comprendre comment le peuple d’Israël – le moindre d’entre les peuples (Deutéronome VII, 7)– est parvenu à reprendre la terre d’Israël aux peuples puissants qui la détenaient et à s’y maintenir de nombreuses années. Ce n’est que parce qu’il est un Créateur du monde qui en est aussi la Providence et que les lois habituelles de la nature ne l’arrêtent pas. Aujourd’hui aussi, le retour des juifs sur leur terre, la création de l’Etat d’Israël, notre maintien
dans ce pays contre vents et marées est bien la manifestation éclatante que D-ieu est le Créateur.
Rachi explique que le récit de la Création est la réponse aux accusations des nations parce que le récit de la Création et son histoire sont la description de la manière dont la Providence dirige le monde en permanence
et que le passage d’une terre des mains d’un peuple à celles d’un autre est l’oeuvre de la Providence.
Sachant maintenant le sens profond du récit de la Création, la question du commencement de la Thora ne se pose plus, car la foi dans la Providence, dans la rétribution des justes et dans le châtiment des méchants est elle-même le fondement  de notre soumission aux mitzvot.

.akadem



Il faut donc comprendre le motif de ce commentaire de Rachi, sa construction et son message.
Je commencerai par une allusion, si cela est possible. Rachi dit : "Il a fait connaître aux membres de Son peuple la force de Ses oeuvres". La force se dit coa'h en hébreu et ce sont les lettres qui écrivent le chiffre 28 ; effectivement, le premier verset comporte 28 lettres. Rien n'est au hasard dans l'enseignement que nous transmet Rachi et chacun, selon son niveau de connaissance y découvre des merveilles. Ce point est développé dans les Tiqqouné Zohar 13a.
Le texte de Ribbi Yits'haq est tiré du Middrache Tan'houma,
Effectivement, la mitsva du début du mois est la première mitsva prescrite au Sinaï à tout Israël (Chémote 12, 2), comme le souligne le 'Hizqoni. On aurait donc pu s'attendre à ce que la Torah de Moché commence par là.
Certes, dans le livre de Béréchite, il y a 3 mitsvotes préalables à celle du premier mois:
- la mitsva de pérou ourevou (fructifier et se multiplier, Béréchite 1, 28), dans la paracha Béréchite.
- la mitsva de la mila, la circoncision (Béréchite 17, 10 : himol lakhém kol-zakhar), dans la paracha Lékh lékha.
- la mitsva du prélèvement du nerf sciatique, lo yokhélou véné-Israël éte-guid hannaché (Béréchite 32, 33), dans la paracha Vayichla'h
Mais elles n'ont pas été dites à la fois à tout Israël et au Sinaï. Il y a beaucoup de commandements dans la Torah, mais ils ne sont pas comptés dans les 613 mitsvotes chaque fois qu'ils ne sont pas prescrits à l'ensemble du peuple.

La phrase de Rachi ("Parce que (D.ieu) a fait connaître aux membres de Son peuple la force de ses oeuvres pour leur donner l'héritage des nations") est tirée du Psaume 111, 6 (voir Tiqqouné Zohar 13a). Nous avons souvent vu que les psaumes ne sont pas seulement des cantiques de prières mais aussi des chapitres d'enseignement très structurés. Il reste que le lien de ce verset au mot Béréchite doit être explicité. Ce n'est pas "nous" qui prenons cette terre, ce n'est pas nous qui y avons des droits, c'est D.ieu seul au sein de Sa puissance et de Ses oeuvres qui le fixe ainsi et la révèle au monde par Sa Torah; et cela, donc, est Sa Création.
Il a choisi ce peuple pour faire connaître en lui les secrets de Sa force et de Ses oeuvres qu'ils ont à être sur Sa terre. Et parmi ces secrets, il y a ce qui s'est passé entre le projet divin envers toute l'humanité et qui n'a pas bien fonctionné, voilà pourquoi le livre de Béréchite va nous raconter toutes ces péripéties qui expliquent ce qu'est ce peuple d'Israël et ses fonctions. Il fallait connaître tout cela, depuis la Création jusqu'à la constitution du peuple et jusqu'au moment où il reçoit la Torah, c'est le livre de Béréchite. C'est la connaissance de ce que l'on appelle "koa'h maâssav, la puissance de Ses oeuvres", la science de la Création transmise dans la Torah, et qui est le message du peuple d'Israël au monde. Cela est tellement beau que beaucoup veulent s'en attribuer la propriété mais il y a un copyright céleste là-dessus, et il l'a donné à Son peuple, dans Sa libre volonté. Ne peut pas ainsi qui le veut se substituer à Israël ou à D.ieu Lui-même! Ni s'appeler abusivement prophète, et dire ensuite que la Torah ne parlait que de lui (beaucoup ont tenté de faire ce coup-là, il continue sans fin), ni créer un nouveau testament, ni une nouvelle alliance, ni une nouvelle Torah.
La force de la mission d'Israël repose sur la force éternelle de l'être de D.ieu Lui-même, en Sa volonté, en Sa parole qui la publie, et en Ses oeuvres. C'est le îqar ha émouna,comme dit le Rambane, l'essence de la foi, et c'est la raison pour laquelle les Juifs n'ont jamais craint les autres religions ou les autres empires qui veulent substituer leur petite puissance à celle du Créateur.

Le Rambane dit : "si les peuples de la terre en venaient à dire", tandis que Rachi écrit : "si les peuples de la terre en venaient à dire à Israël". Et on découvre soudainement que l'histoire n'est pas de la petite politique contemporaire que l'on découvre chaque jour dans le journal. Mais la continuité est totale : toutes les nations (occidentales) tiennent ce discours, et contre Israël. Depuis si longtemps; Rachi nous éclaire et nous dit que cette attaque est normale car les nations ont été dépossédées de ce dont elles étaient porteuses. Elles le sentent, elles qui veulent toujours se substituer à la Torah d'Israël, lui prendre son testament, son identité, sa terre. Qui n'a pas cette formation en anthropologie; en histoire des textes, et en histoire millénaire ne peut rien comprendre de l'actualité qui se déroule dans les conflits des mémoires au Proche-orient, et dans l'attitude de l'Occident chrétien ou du monde arabo-musulman envers Israël.

Plus encore, Rachi nous averti qu'on parlera en chaque siècle comme aujourd'hui de nos "territoires occupés" : kévachtém artsote, "vous avez occupé les terres". Ils n'ont pas lu Rachi, tous ceux qui utilisent ces mots contre nous (non-Juifs, aussi bien que les Juifs identifiés à leur adversaire), car ils auraient honte alors de ce qu'il est dit d'eux depuis la Torah et depuis tous les commentaires de nos Sages qui nous transmettent et expliquent la parole de D.ieumodia

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